Le cuir végétarien

Le cuir végétarien

En tant que marque prônant le végétarisme, nous n’utilisons pas de cuir, de peaux, de fourrures ni de plumes dans nos produits, même ceux fabriqués par nos partenaires ou entreprises sous licence.

Nous travaillons assidûment pour trouver et concevoir des matériaux à la fois beaux, modernes et innovants que nous utilisons pour créer nos sacs, accessoires et chaussures signature, tous exempts de PVC.[1]

Il peut s’avérer compliqué pour nos équipes de designers de trouver, d’étudier et de tester de nombreux textiles qui associent différents mélanges de fibres synthétiques et organiques jusqu’à trouver un matériau à l’aspect exceptionnel, suffisamment polyvalent pour s’adapter à différentes techniques de production. Grâce à la recherche scientifique, qui permet de créer ces mélanges de fibres et fait leur rareté, ces matériaux innovants peuvent être considérés comme un véritable produit de luxe, encore plus que le cuir, produit devenu commun.

Nous utilisons des revêtements et des matériaux végétaux, qui repoussent véritablement les limites en matière de développement durable, sans pour autant sacrifier le style.

Nous sommes fréquemment confrontés à des difficultés pour la création de nos chaussures : l’utilisation de matières synthétiques ou tissées plus fines et moins élastiques que le cuir rend la réalisation d’un produit uniforme plus compliquée. La difficulté vient du fait que les techniques industrielles et les machines utilisées dans les ateliers de cuir ne sont pas adaptées à la fabrication de chaussures composées d’autres matériaux.

Afin d’atteindre les standards les plus élevés qui ne peuvent pas toujours être garantis par les machines, une grande partie des étapes de production des sacs et chaussures est exécutée entièrement à la main par des artisans qualifiés. Nos sacs, par exemple, peuvent seulement être produits par quelques usines en Italie spécialisées dans les produits sans cuir. Environ 70 % du travail est effectué à la main, et selon le style, le coût de fabrication d’une paire de chaussures peut être augmenté de 70 % par rapport à une autre marque, et pourtant, nous ne répercutons pas ce coût sur le client.

Les sacs et les chaussures nécessitent l’utilisation de colle et celle-ci est également soigneusement testée pour assurer le respect des normes éthiques élevées qui ont fait connaître Stella McCartney. Notre production de chaussures et de sacs n’utilise pas de colle de poisson, ni aucune autre colle issue d’animaux.

Nous pensons que ne pas utiliser de cuir est un choix à la fois moderne et audacieux.

Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander pourquoi un plus grand nombre d’entreprises n’envisage pas de cesser de dépendre du cuir, alors que ses répercussions négatives sur l’environnement ont largement été démontrées.

Cuir vs synthétiques

Nous n’utilisons pas de cuir par principe, cependant, il existe également des raisons environnementales irréfutables d’éviter l’utilisation du cuir.

En utilisant le Compte de Résultat Environnemental (Environmental Profit and Loss), nous sommes capables de comparer directement l’impact des alternatives synthétiques que nous utilisons avec celui de l’utilisation du cuir.

Les impacts de la production du cuir sont causés par l’utilisation des terres et les émissions de gaz à effet de serre associées à l’élevage des animaux ainsi que les besoins des tanneries en énergie et en consommation d’eau. Au Brésil par exemple, l’industrie du bétail a provoqué la déforestation – entraînant la perte d’écosystèmes majeurs. En outre, elle est inefficace en termes de production par hectare. Ainsi, le cuir en provenance du Brésil a un impact environnemental très élevé,

et représente 24 fois l’impact du polyester recyclé et 17 fois l’impact environnemental du polyester vierge.[2] C’est un exemple extrême, car le Brésil est considéré comme l’une des régions de production du cuir ayant le plus fort impact au monde. Cependant, même si l’on compare avec une source de cuir ayant un impact plus faible, comme le cuir provenant de France, une alternative synthétique représente environ 1/4 de cet impact (par kg de matière).

Bien que notre choix de ne pas utiliser de cuir nous permette d’avoir un impact plus faible que ceux qui en utilisent, nous reconnaissons ouvertement que les alternatives synthétiques ne sont pas sans conséquences environnementales. Nous travaillons à réduire l’impact de nos matières alternatives en utilisant des matières recyclées et biologiques. L’E P&L nous a montré que la majorité des impacts associés aux fibres synthétiques découlent du traitement de l’huile dans le fil.

Nos cuirs végétariens

Nous utilisons des matières recyclées lorsque cela est possible, car nous ne voulons pas dépendre du pétrole. Il existe de nombreuses ressources inexploitées dans les matières déjà disponibles sur la planète et c’est la raison pour laquelle nous augmentons notre utilisation de polyester et de nylon recyclés. Tous nos sacs à main sont doublés de polyester issu de bouteilles en plastique recyclées. Nous avons également utilisé une microfibre recyclée fabriquée à partir de bouteilles en plastique recyclées.

Nous avons remplacé nos polyuréthanes (PU) par un PU à base d’eau plutôt que le PU traditionnel à base de solvant. Le PU à base d’eau (sans solvant) permet de réduire fortement la consommation d’eau et d’énergie. La différence la plus importante entre le PU à base d’eau et le PU à base de solvant est que l’exploitation du premier est bien plus sûre. L’exposition aux produits chimiques qui peuvent émaner de l’application du PU à base de solvant ou des étapes successives peut être toxique pour les humains.

Parfois, nous travaillons aussi avec des bioplastiques (à base de plantes). Toutes nos lunettes contiennent au moins 50 % de plastique issu de ressources naturelles et notre Eco Alter Nappa possède un revêtement fait à partir d’au moins 50 % d’huile végétale.

Depuis l’automne 2013, pour nos chaussures et nos sacs, nous utilisons un matériau innovant appelé Eco Alter Nappa, une alternative au cuir. Il est fait de polyester et de polyuréthane, et possède un revêtement élaboré à partir de plus de 50 % d’huile végétale, ressource naturelle renouvelable. Cette méthode nous permet d’utiliser moins de pétrole dans nos produits. L’huile végétale utilisée dans l’Eco Alter Nappa est issue de sources non alimentaires.

Nous garantissons que tous les bioplastiques de nos productions sont issus de sources non alimentaires et n’entraînent aucune conversion des terres. Cependant, la traçabilité des plastiques est plus difficile que celle du coton, par exemple, c’est pourquoi nous n’avons pas adopté plus largement les bioplastiques. Contribuer par mégarde à la déforestation en augmentant la demande en agriculture est une chose que nous voulons éviter à tout prix, en préférant nous concentrer sur des options de recyclage.

Les répercussions environnementales du cuir

Laisser le cuir hors de notre chaîne de production nous aide à réduire notre empreinte carbone globale. La production de viande et de cuir est responsable de 18 % des gaz à effet de serre d’origine humaine, étant donné qu’une vache, à elle seule, émet 8,75 kg de méthane par an. Le méthane est un gaz à effet de serre puissant, qui participe 25 fois plus au réchauffement climatique que le CO2. En comparaison, les transports produisent seulement 13 % des émissions de gaz à effet de serre.

Nous nous engageons à devenir une entreprise zéro déforestation et en n’utilisant pas de cuir, nous réduisons de manière significative notre risque de contribution à la déforestation. Le secteur de l’élevage en Amazonie brésilienne est le premier moteur de déforestation du monde : il est responsable de 14 % de la déforestation annuelle mondiale. Selon le gouvernement brésilien : « L’élevage est responsable d’environ 80 % de la déforestation dans la région de l’Amazonie ». Les forêts jouent un rôle crucial de stabilisateur du climat mondial en stockant de grandes quantités de carbone qui, sans cela, contribueraient aux changements climatiques. On estime que la forêt amazonienne est capable de stocker 80 à 120 milliards de tonnes de carbone. Si nous la détruisons, c’est l’équivalent de cinquante fois le taux annuel d’émissions de gaz à effet de serre des États-Unis qui sera libéré.

Les ressources nécessaires à l’élevage pour obtenir 1 kg de cuir peuvent avoir des répercussions environnementales 20 fois supérieures à celles nécessaires pour produire 1 kg de matériaux synthétiques tels que le polyester.

La question du tannage

Le cuir, les peaux et les fourrures doivent être tannés.

Les peaux utilisées pour les vêtements et les accessoires sont chargées de produits chimiques toxiques et caustiques pour les empêcher de se décomposer – soit le contraire de ce que l’on attend d’une ressource biologique.

La tannerie est l’une des industries les plus toxiques au monde en raison des produits chimiques employés. Le chrome, substance connue pour être cancérigène, est utilisé en grande quantité, tout comme les acides, le sodium et l’ammonium.

Les nappes phréatiques situées près des tanneries contiennent des taux très élevés de chrome, de plomb, de formaldéhyde et même de cyanure, qui provoquent des cancers et autres maladies mortelles chez les populations locales. Les cas les plus préoccupants de ces problèmes se situent dans les pays en développement où peu de mesures, voire aucune, sont mises en place pour protéger les populations de la toxicité des tanneries. Au Bangladesh, dont l’industrie du cuir pèse désormais 1 milliard de dollars, l’exposition aux produits chimiques et les accidents représentent un tel danger pour les travailleurs (dont beaucoup sont des enfants), que leur espérance de vie ne dépasse pas 50 ans.


[1] Le PVC (polychlorure de vinyle) est considéré comme le plastique le plus néfaste pour l’environnement (Greenpeace). Nous n’utilisons pas de PVC dans nos produits – notre politique 100 % sans PVC date de 2010. Le chlorure de vinyle est utilisé pour fabriquer la plupart des plastiques PVC et des vinyles. Une exposition à court terme au PVC a des effets sur le système nerveux central, tels que des vertiges, des somnolences et des maux de tête. Une exposition à long terme peut entraîner des lésions du foie et accroître le risque de cancer.

[2] Cette comparaison est réalisée en utilisant les valeurs de l’E P&L.

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